Formule ANTI-TRAC

Comment fait-il pour ne pas avoir le trac ?

Un jour, je passais un examen de flûte traversière, et dans les coulisses, nous discutions entre élèves.
La plupart d’entre nous  étions très angoissées. Nous ne savions pas dans combien de minutes nous nous ferions « manger des oreilles » par le jury.
L’un d’entre nous paraissait beaucoup plus décontracté que les autres. Je lui demande pourquoi. Il me répond : « c’est simple, mon père m’a dit de jouer exactement comme à la maison ».

Je réfléchissais un instant, essayant de me visualiser sur la scène et jouer comme à la maison, mais rien n’y faisait, je voyais toujours le jury en train de me scruter, de juger ma façon de jouer, de me comporter sur scène.

L’élève qui « avait joué comme à la maison » était arrivé premier et tous les autres (j’en faisais partie), pourtant plus performants techniquement étaient à la traîne derrière ! Pourquoi ? Cela tenait-il uniquement à ce conseil ?
Plus facile à dire qu’à faire, ma question du trac n’était pas résolue.

Depuis, je me penche beaucoup sur la question.
Je suis professeure de piano et quand je demande à mes élèves de jouer en public, je ne veux pas qu’ils revivent le trac que j’ai vécu étant jeune !
J’ai lu et lis encore de nombreux articles et livres à ce sujet. Je puise également des informations dans les livres de développement personnel.
Et voilà ce que j’en ai appris : LA FORMULE DE L’ANTI-TRAC

 

Comment faire pour ne pas avoir le trac ?

Garder son calme en toutes circonstances  est une combinaison d’attitude, d’environnement et de choix.
Je te propose ici ma formule anti-trac en commençant par la fin du processus, c’est-à-dire, en commençant par le jour de la prestation !

  1. « LE JOUR J », je travaille mon ATTITUDE

    Mon attitude est influencée par la façon dont je vois les choses.
    Je me suis posée cette question : « Comment je vois la réalité d’un examen, d’une audition, d’un concert ou même d’un cours ? »
    J’ai remarqué 2 attitudes possibles : je vois le verre à moitié vide ou à moitié plein.
    Dans mon interprétation de ce « jour J », je sais que certains spectateurs vont critiquer ma façon de jouer, mon interprétation, ma technique, ma tenue vestimentaire, mon apparence physique et bien d’autres choses.
    Je sais aussi que d’autres personnes viennent pour ressentir la musique, peu importe si mon interprétation est différente de la leur. Ils viennent pour recevoir le fluide de la musique. Ils savent que la musique est universelle, qu’elle nous fait vibrer et anime nos émotions. Ils aiment avoir la chair de poule et en redemandent.
    Quand je pense à tout cela, aux mauvaises et aux bonnes choses qui peuvent se passer dans le public, je fais un choix. Je fais le choix de ne pas laisser les mauvaises pensées m’envahir, en me disant exactement cela :
    « je balaye hors de ma portée tous ceux qui n’aiment pas ce que je fais et je ne joue pas pour eux !  »
    Puis je me focalise sur les pensées qui favorisent ma concentration.
    Mon but est d’être calme alors j’oriente mes pensées vers un état d’esprit qui m’aide à me concentrer.
    Je joue pour la musique, pour le sentiment universel qu’elle procure. La musique a ce don de nous relier par les émotions. Et c’est pour cette raison que je joue en public les morceaux que j’aime.
    Et voilà ce que je me dis :
    « Aujourd’hui, je suis présente et je joue pour toutes les personnes sensibles aux émotions qui sont en moi et qui se dégagent de la musique que je joue. »

    Bref, je fais le tri dans mes pensées. Je développe celles qui sont bonnes pour moi.
    Et pour tout vous dire, si j’arrive à garder mon calme lors de mes prestations, c’est 50 % grâce à cette attitude.

  2.  « AVANT LE JOUR J », je préserve mon environnement

     

    Avant le jour de ma prestation, j’ai entendu toutes sortes de choses. Là encore je fais le tri. Car même dans mon environnement, il m’arrive d’entendre ce que j’appelle des « faux encouragements ».
    Certaines personnes, proches ou non, et voulant bien faire, me transmettent finalement leurs peurs, leurs doutes… et j’avoue, moi aussi cela m’arrive de le faire inconsciemment aux autres.
    C’est notre inconscient qui nous guide et parfois, nos peurs prennent plus de place que la joie de réaliser une activité artistique.
    Alors, bien sûr, quand je suis dans ma période de remise en question, j’écoute ces personnes, seulement si il me reste encore suffisamment de semaines pour travailler. Sinon, je garde leurs réflexions dans un coin de ma tête pour plus tard.
    Quand Je suis dans le processus de progression je peux avoir besoin de critique.
    Mais dès lors que j’ai décidé ma manière de jouer, je m’y tiens et ne les écoute plus.
    J’écoute plutôt les paroles qui m’encouragent dans le bon sens et vais faire en sorte de me rapprocher de ces personnes.
    La date approche :  cela ne sert plus à grande chose de travailler et travailler avec acharnement. Mieux vaut se poser et faire le point avec ce que je sais déjà faire.C’est vraiment le moment où je me motive personnellement, la période où je me détends le plus tout en gardant mon morceau en tête.
    Je rentre dans la phase de renforcement de ce que je sais déjà pour devenir vraiment prête le jour J.
    Je travaille mon assurance, et uniquement cela !

  3.  « POUR ALLER PLUS LOIN », je choisis mon plaisir

     

    Si je remonte encore un peu plus dans le temps, j’arrive au moment où je n’ai pas encore commencé à travailler la pièce pour le concert ou le cours.
    C’est un moment qui est déterminant. En effet, si je choisis un morceau qui ne me plaît pas ou que je juge raisonnable par rapport à mon niveau mais ne me fait pas vibrer, je ne choisirai pas ce morceau pour le jouer en public.
    Tout d’abord, j’aurais plus de plaisir à travailler un morceau qui me plaît vraiment. Ensuite j’aurais plaisir à le jouer. Cela signifie que chaque jour, je remplirai mon coeur et mon corps de plaisir.Si je choisis un morceau qui me plaît beaucoup pour le jouer à une audition ou autre, je ne renforcerai pas mon bonheur immédiat comme lorsque je joue mon morceau à la maison.
    Ce que je renforcerai sera beaucoup plus fort et durable. Car jouer devant un public (1 personne c’est déjà un public) est un acte généreux. C’est donner quelque chose.
    En donnant, je comprends mieux pourquoi je joue de la musique, et pourquoi je partage.
    Le choix de jouer devant un public, de jouer pour moi et pour les autres a un impact très fort sur ma sensation de bonheur !

 

Toi aussi, fais les choix qui sont bons pour toi et fabrique-toi un cocon douillet avant ta prestation.
Je t’invite également à créer tes propres phrases, celles qui font partie de ta réalité, comme celles que j’ai écrit plus haut. Fais-le avec ta propre réalité, car nous sommes tous différents, et la manière dont j’exprime les choses est ma propre manière. Inspire-toi de ces phrases pour créer les tiennes.

Et Bonne musique !

 

 

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