Comment bien lire une partition de piano avec plaisir

En cours de solfège, c’est comme à l’école. Les professeurs vous apprennent à :

lire – dire – écrire

Ce sont les fondamentaux de la langue, qui nous servent à communiquer entre humains.

Pour la musique, lire, dire, et écrire sont les moyens d’apprentissage et non des fondamentaux.

Vous allez lire les partitions et les théories musicales, vous allez dire la musique avec les noms de note et enfin vous relèverez certainement des dictées en écrivant les notes pour mieux les apprendre.

Savoir interpréter la partition

Quand on parle des fondamentaux en musique, on parle d’autre chose que simplement lire dire et écrire les notes.
Lire, dire et écrire les notes, c’est la base, mais cela ne suffit pas.

La question à se poser est pourquoi 
on apprend le solfège ?

– Quelles sont les choses réelles à savoir en musique ? –

En musique, les 3 piliers sont le rythme, la mélodie et l’harmonie. C’est dans cet ordre que nos capacités et à dire, lire et écrire se sont développées au cours de l’humanité et aussi au cours de notre propre enfance. 
Et quand vous apprenez un instrument de musique, c’est par ces étapes que vous passez naturellement. Une fois que vous avez compris de quelles notes il s’agissait, vous construisez la rythmique, interprétez la mélodie avec fluidité et cherchez à comprendre l’harmonie.

La rythmique

Le rythme est souvent la bataille du prof parce que si l’élève a tous les éléments pour déchiffrer la hauteur des notes et leur durée, il reste à l’élève de les assembler pour que ça ressemble à de la musique. 
D’ailleurs, qui n’a jamais hésité voire buté à une barre de mesure ou à un changement d’accord ? 

Bien-sûr il y a d’abord le doigté qui est très important pour rendre le jeu plus fluide. Mais la phrase métrique a quelque chose de caché qu’on ne peut pas écrire, qu’il convient de lire entre les lignes.

En cela, le rythme est la première chose la plus difficile à mettre en place. Et quand vous vous retrouvez à hésitez sur votre morceau vous vous demandez vraiment pourquoi et comment faire…

La mélodie

Souvent la mélodie vient assez vite, mais le problème quand on lit une partition, c’est que cette mélodie peut sembler trop mécanique. Même si on joue exactement les bonnes notes et le bon rythme, il nous manque le côté « interprétation ».

Celles et ceux qui arrivent à interpréter lisent entre les lignes ou bien jouent d’oreille. 

Mais c’est là que le solfège, ou plutôt la théorie musicale devient très intéressante. Autant pour le rythme, comprendre la mesure binaire, ternaire, la carrure du morceau va aider. Autant pour la mélodie, cela va être très très pointu car on va parler de notesétrangères, de mouvementsascendants et descendants, de mouvements conjoints et disjoints

Si vous apprenez tous ces termes sans les mettre en pratique, avouez que c’est un peu indigeste. Et à quoi cela sert-il  ?

Et bien, comme je vous le disais, cela sert à l’interprétation, à lire entre les notes, à comprendre ce que le compositeur a voulu raconter. 

L’harmonie

Les notes étrangères sont directement liées à l’harmonie. Et l’harmonie est fondamentale pour mieux comprendre le morceau et savoir comment l’interpréter. 

En fait, toute cette question d’interprétation ne vous poserait pas de problème si vous appreniez tout d’oreille.

C’est le fait de saucissonner la musique en notes, doigtés, rythme, synchronisation qui fait que l’on perd l’âme du morceau. 

En soi, vous avez à l’intérieur de vous la capacité d’interpréter. 
La partition vous fait vous éloigner du discours musical et du sens de la musique. Et c’est en cela que le solfège et la théorie vont vous aider à retrouver votre capacité à interpréter. 

Avez-vous déjà essayé de vous mettre dans la peau
d’une pianiste qui apprend tout d’oreille ? 😍

Quand j’avais 16 ans, j’essayais d’improviser mais je me faisais reprendre par la mentalité du conservatoire qui souhaite qu’on le consacre tout son temps à la lecture et à l’interprétation de la musique. 
J’ai quitté le conservatoire et j’ai pris mon envol. Aujourd’hui, grâce à cela, je peux dire oui aux élèves qui veulent apprendre d’oreille, sans solfège. 

En général, au bout de 3 ans, ils demandent à apprendre à lire, et c’est là que ça devient très intéressant.

Ils font de la lecture à vue : c’est à dire qu’on prend des morceaux faciles et pendant 5-10 minutes, on en lit le plus possible. Il n’y a pas mieux pour 

  • rendre le jeu fluide
  • interpréter sans jouer mécanique
  • comprendre l’harmonie, mémoriser et lire la musique beaucoup plus vite et mieux ! 

 

Comment améliorer sa fluidité

La solution est de vivre le rythme et de sentir l’impulsion, et ça se travaille. Vous avez déjà entendu parler de la pulsation. Et bien, ce n’est pas simplement tapoter le crayon sur la table pour battre la mesure, c’est plus que cela. 

Pour bien ressentir la pulsation, il n’y a rien de mieux que de jouer pour ressentir la musique. Ce qui n’est pas possible quand vous êtes en plein déchiffrage, préoccupée par les notes, les doigtés et la synchronisation des deux mains.
C’est pourquoi de nombreux profs intelligents font pratiquer la lecture à vue et la musique de chambre à leurs élèves et ils ont raison ! 

C’est en vivant la musique que l’on gagne en fluidité, c’est là qu’on apprend à anticiper sur le phrasé.

Voici mes 3 conseils pour avoir une Métrique musicale solide   

Quand tu lis une partition, applique tout simplement ces 3 conseils : 

  • Pour garder la pulsation, rattrape-toi sur le premier temps de la mesure suivante même si tu fais des fausses notes
     
  • Joue plus fort le premier temps de chaque mesure
     
  • Lis une, deux ou plusieurs notes en avance 

 En faisant ces 3 choses, tu vas garder un bon en rythme tout au long de ta partition.  Sans trou.

Après la métrique, les bonnes connaissances

Quand tu sauras lire 2 ou 3 notes en avance,
tes yeux vont devoir aller plus vite que tes doigts.  Beaucoup plus vite Pour prendre de l’avance. Pour bien guider tes yeux, il te faut des connaissances supplémentaires. L’étude de la récurrence mélodique et l’anacrouse t’aident alors à obtenir la lectureFLASH™.   

Tu sauras : 

  • Te rattraper sur le 1er temps 
  • Avoir une bonne impulsion sur le temps fort. 
  • Lire en avance, même trèèès en avance.

Plus tu exerces ta lecture à vue, plus ton jeu est musical.   

La preuve, au lieu de lire note à note, tes doigts vont tout seuls sur le clavier car ton sens mélodique se sera développé.  Tu me diras, comment réussir à développer mon sens musical ?  Parce que moi, je n’ai que les bases en solfège !  Si tu as l’impression qu’il te manque des connaissances, ma formation “lecture à vue” est vraiment faite pour toi. En 5 minutes par jour, je t’apprends les connaissances qu’il te faut pour développer ta rapidité de lecture.  Je ne te parle pas des trucs rébarbatifs de solfège.  Non, c’est beaucoup plus amusant !!

Il faut avoir du courage.

Pour oser laisser quelques fausses notes derrière toi. 

Mais dis-toi une chose : quand tu joues un morceau, quel est le plus important ? 

Jouer 100% des notes justes (avec des arrêts) ou Jouer 80% des notes justes avec 100% de fluidité ?  

Je sais que c’est super difficile d’appliquer le conseil n°1 : 
Pourtant, c’est le plus important.
C’est celui qui va te débloquer au niveau du rythme. 

Tu dois accepter les fausses notes sans revenir dessus.

C’est une fois ta lecture terminée que tu pourras localiser ton passage et le retravailler pour éliminer les fausses notes. 
Car, lorsque tu joues ton morceau, il y a une urgence. C’est l’urgence du rythme. Pour ça, il faut absolument que tu apprennes à compter tes mesures.  En musique c’est primordial ! 


Je vous encourage à pratiquer 

La lecture à vue avec votre prof, en 4 mains, dans l’idéal, parlez-lui en.
Peut-être en faîtes vous déjà ? 

En tous cas, pour ma part, je le fait surtout en 4 mains, pour vraiment entraîner l’élève à rester dans le rythme. 

Rien de tel pour progresser en rythme ! 

Bientôt je vous parlerai du petit système que j’ai mis en place pour que vous puissiez pratiquer la lecture à vue depuis chez vous (avec une prof accompagnatrice)